Partager notre abondance

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Avez vous remarqué comme nous parlons souvent de ce qui nous manque : du temps, de l’argent, de l’amour, du soleil, du savoir, de la reconnaissance… Nous cherchons à en acquérir, en gagner, comme pour combler un vide. Et cette quête semble sans fin. Un besoin à peine assouvi en faisant surgir un autre.

A l’opposé, ce que nous avons en abondance, nous le remarquons peu. Sauf peut-être ces objets qui tapissent notre quotidien et dont nous nous débarrassons lorsqu’ils sont devenus encombrants ou passés de mode.

 

Une source intarissable

Nous sommes plus aptes à voir l’abondance à l’extérieur de nous-mêmes. Et pourtant en chacun de nous se cachent des trésors. Talents, qualités, dons, idées, énergie… Autant de ressources naturelles qui ne demandent qu’à être dévoilées, cultivées, à fructifier.

Souvent nous n’avons pas conscience de nos propres richesses. Les identifier est pourtant le premier pas pour en profiter pleinement. Ce sont bien souvent les autres qui nous font ressentir que nous sommes doués pour ceci ou cela. Pour les uns le sens artistique, le sens de l’humour, pour d’autres une aptitude innée pour le bonheur, la joie, le sport, la réflexion, les sciences, la tempérance, l’organisation, le sens pratique… Autant d’atouts qui constituent notre unicité.

Cette abondance nous procure aisance, facilités. Et pourtant, nous avons tendance à négliger ces richesses dont nous disposons à profusion, comme si la rareté leur donnait plus de la valeur.

 

Donner n’appauvrit pas, garder n’enrichit pas

Ces talents prennent tout leur relief lorsque nous les partageons avec ceux à qui ils font défaut. Ils les accueillent alors comme un supplément bénéfique. Car c’est bien le mélange, le métissage, l’échange, ce véritable maillage humain qui enrichissent notre réalité.

Se frotter aux autres permet non seulement de mettre le doigt dessus mais aussi de les voir sous un nouvel angle pour en redessiner les contours. Un effet miroir révélateur qui bouscule notre propre perception pour les faire grandir. Leur donner plus de place, plus de poids en les consolidant.

 

Irriguer les autres de ce qui déborde en soi

Nous pouvons bâtir un métier sur nos talents – et cela est d’ailleurs fort souhaitable – mais pourquoi ne pas envisager de donner ce que nous avons en abondance. A quoi sert de garder ce surplus ?
A l’heure où se développe l’économie solidaire, si c’était cela la vraie “redistribution” ? Faire don de nos talents avec générosité et puiser dans des interactions équitables pour créer des complémentarités pleines de surprises.
C’est ce qui produit de la valeur “humaine”, celle qui ne se monnaye pas, ne se laisse pas compter, graduer. Magique et pleine d’éclat dans les groupes de travail, de rencontres.

L’idée de cet article m’est venue en formation. Lorsque j’ai senti à quel point dans le groupe, la somme d’énergies si différentes vient compléter, contrebalancer, équilibrer celles des autres. Les plus créatifs venant dynamiser les plus cartésiens, les plus pondérés étant reboostés par les plus enthousiastes. Comme si l’excès des uns comblait le manque des autres. Pour créer une harmonie et former des alliances relationnelles prospères.

Alors pourquoi s’en priver ? Il suffit juste de s’ouvrir et d’offrir ce que l’on a en abondance, ce qui déborde pour irriguer les autres et ainsi libérer un espace en soi, pour recevoir ce qui nous fait défaut.

Et vous, qu’avez-vous en abondance ?