Liberté d’entrepreneur, exaltante ou paralysante ?

Liberté… mot qui revient en boucle. Liberté d’expression, de créer, d’agir. Cela m’a fait réfléchir à cette notion fondamentale pour moi en tant qu’entrepreneur et plus globalement pour ceux que je côtoie au quotidien.
Quelle sacrée liberté que de décider un jour d’entreprendre ! Choisir de se lancer dans une voie loin d’être toute tracée, mais que l’on se trace au jour le jour. Pas à pas. Petits pas ou pas de géants, parfois embourbés ou trébuchants, bonds en avant et sauts dans le vide !

 

Effervescente ivresse

La liberté des débuts, lorsqu’on quitte le salariat, est pour certains exaltante, pour d’autres tétanisante, tellement vaste qu’elle affole les sens. Comme dans ces endroits où le trop d’oxygène nous coupe le souffle. Dans quel sens aller ? Quelles priorités ? Comment saisir et dompter toutes ces idées qui affluent ? Et surtout les mettre en œuvre.

Passer de l’idée à l’action. Du rêve au concret. Tâtonner, tester, expérimenter avec ses premiers clients. Car nous apprenons beaucoup avec nos premiers clients. Ajuster, peaufiner et construire son offre selon ses propres envies, son propre modèle. En cheminant un peu comme dans un labyrinthe à choix multiples. Pour chaque question, une multitude d’options. Choisir, renoncer, progresser. Et cette sensation de vivre une aventure stimulante, de dessiner enfin sa propre vie, d’en être le pilote.

Dresser son propre enclos

Puis l’activité s’organise, se structure, l’offre se dessine et la communication pose le cadre. Un cadre souvent un peu restreint, celui du ciblage. Et à force de délimiter, segmenter, on finit par se mettre dans une boite aux contours un peu rigides. Au risque d’en oublier ce qui a motivé le lancement, le point de départ, le cœur du cœur de notre activité.
Se poser certaines contraintes, car il en faut un peu (même beaucoup !) de discipline pour découper ses journées efficacement. Quand le terrain de jeu est trop grand, on peut s’y perdre.

Pas facile de s’y mettre certains jours, de relancer l’énergie. Alors, nous allons nous rassurer, glaner des idées ici et là, voir ce qui se fait, se dit ailleurs, pour s’inspirer, comparer et insidieusement, c’est ainsi que nous injectons un peu des idées des autres dans notre propre business, qui certes peut y gagner mais aussi y perdre de son jus, de sa personnalité. Son essence même. Au risque de s’engouffrer des voies sans issue, de perdre de vue la raison initiale, le rêve à l’origine de cette belle aventure.

Prenons le temps de nous poser la question : Qui fixe les barrières ?

 

Honorer sa liberté

Aujourd’hui, un modèle de business fonctionne un certain temps mais très vite, sans crier gare, la machine se grippe. Ou d’autres envies surgissent. Savoir saisir tout cela en vol est devenu la nouvelle gymnastique de l’entrepreneur. Car tout bouge très vite. Répéter à gogo ce qui marchait ne marche plus. La répétition ne fait plus la réputation. Il faut y incorporer de la variation.

Subtil équilibre entre se fixer des objectifs, mais pas trop, laisser place à l’imprévu, mais pas trop, conjuguer rigueur et souplesse, profit et plaisir. Avec une ligne de mire fort utile mais qui tolère les incartades récréatives et revigorantes. Car on entreprend avant tout pour s’épanouir ! Savoir se lâcher la bride et injecter quelques grains de folie qui font dérailler la routine !

Flexibilité… Voilà la liberté, telle que je la vois et la vis. Etre dans le mouvement. Faire ce qui me tient à coeur, véritable source de plaisir avec le minimum d’efforts. Magique non ? J’ai même mis en place un indicateur très simple : Qu’est ce que je ressens quand je fais ceci ou cela ou quand je travaille avec telle personne ? Ou y vais-je à reculons ?
Et après avoir eu des indicateurs plus ou moins fiables, ce dernier ô combien simple est devenu mon unique guide ! Il ne me trompe pas. Sensation intérieure de bien-être, de joie, de liberté… la vraie !

Qui peut me donner des permissions sinon moi-même ? Qui peut savoir ce qui me rend heureuse sinon moi-même ? Cela semble évident mais bon, cela demande un peu de travail sur soi pour faire sauter les verrous et accéder à ses pleines ressources. Vaincre ses peurs et réticences, lever les freins, prendre le risque de suivre ses propres idées et envies, même en allant à contresens.

Comme le chante si bien Calogero : “Notre liberté se perd dans trop de peurs immenses” (Si on partait)

J’aime honorer chaque jour cette liberté choisie, en ne la brimant pas mais en la chérissant !

La liberté, une des ressources essentielles de l’entrepreneur, qu’on oublie parfois.
Intangible, impalpable, invisible mais bien là, à la portée de chacun.

 

Et vous, comment honorez-vous votre liberté chaque jour ?

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Béatrice Pasquer

Depuis 2004, j'accompagne les entrepreneurs et dirigeants à bâtir, faire grandir leur activité et communiquer sur le Web, en cohérence avec qui ils sont. Ma marque de fabrique : faire émerger, révéler votre singularité, la mettre en mots et en images. En partant toujours de la racine, de ce qui vous rend unique, pour le rendre visible, palpable, reconnaissable. Et que vous l'incarniez pleinement.